Actualisé le 20.07.2008
Arnold Pasquier
Réalisateur / Court-métrage, Long métrage, Documentaire / France
Langues parlées : Français, Anglais
"ADMIRATION " ou la société amoureuse - Film Essai Court-métrage
Prologue • Un danseur sur le chemin du théâtre est assassiné par une peluche géante.
C’est le premier meurtre d’une élimination systématique des artistes dans tous les
milieux et sur tous les continents. Partout des écureuils, des éléphants, des singes
et des ours tuent des musiciens, des peintres, des écrivains, des acteurs.
Les nations débordées et impuissantes abandonnent leurs artistes. Les survivants se rassemblent,
s’organisent et inventent — sur le modèle de sociétés idéales et utopistes du XIXe siècle
— des façons de vivre ensemble. Un jardin en Espagne, une rotonde sur la mer en Italie,
le toit d’une maison en France, un navire au large du Maroc, une bibliothèque en Inde,
un studio de cinéma à Los Angeles se transforment en campements de fortune. Coupés du
public et des moyens de production, individuellement ou en groupe, les artistes traqués inventent.
Lors d’un congrès technologique à Shanghai qui présente un dispositif capable de créer une
copie réaliste de célébrités disparues, un groupe d’artistes transnational tente une ultime
action de visibilité. Ils sont violemment réprimés avant d’avoir pu attendre leur objectif
alors qu’une réplique de Marilyn Monroe galvanise la salle.
Épilogue • Une famille de danseurs s’isole sur une île. Dans un café, la télévision diffuse
un flash spécial en direct de San Francisco.
Des milliers de peluches sautent du Golden Gate et se noient dans la baie. À la nuit tombée,
le danseur invite sa femme et sa fille au spectacle d’une danse d’admiration en hommage à ce qui
l’inspire.
Le projet ADMIRATION m’offre l’opportunité de prendre à bras le corps les sujets de l’amitié,
du travail, de la politique. Le choix du genre du scénario — un film d’anticipation, récit
dramatique et burlesque — est le moyen de travailler un sujet au centre de mon cinéma : l’Utopie.
Celle des villes, celle des sociétés, celle de l’amour.
Je veux écrire une fresque, couvrant plusieurs villes, plusieurs pays, faisant se rencontrer
des hommes et des femmes de culture différente inscrits dans la même quête : inventer une
façon de vivre ensemble.
Ce projet me permet de réfléchir ce que la littérature, la politique, les sciences sociales,
l’urbanisme ont, depuis le XIXe apporté et réfléchi à propos des utopies. Cette île inventée
par Thomas More, Utopia, qui décrit une société juste et harmonieuse est le ferment fictionnel
d’innombrables possibles. Son esprit est une inépuisable source d’aventures, pour qui cherche
une humanité qui s’invente collectivement.
Le film s’ouvre sur un postulat. Et si, du jour au lendemain, tous les artistes étaient condamnés
à disparaître ? Les peluches, figures de l’enfance à l’éternel sourire, agissent sans raisons,
mais effectuent une besogne. L’aveuglement méthodique de leurs agissements saisit un air du temps
de « La mort de l’Art » en lui donnant un rictus animal. Le masque du loup, de l’ours, de
l’écureuil, intercesseur symbolique de nos peurs et désirs réfléchit les questions quotidiennes
de la place de l’artiste dans la société et ses moyens d’expression.
« La vie bouge, voyage ; et au-dessus des villages ou des campagnes perdues, alors que les convois
du temps continuent à se poursuivre, au-dessus des villages déserts et des campagnes muettes,
il reste l’admirable, la chère, la fidèle Utopie. » Tour d’Italie, Anna Maria Ortese. Actes Sud, 2006
Arnold Pasquier est né en 1968, il vit et travaille à Paris. Dès ses études d'arts
plastiques et de cinéma, il réalise des essais en Super 8 et en vidéo dans lesquels
il développe un univers de journaux filmés et de fictions.
À vingt ans, il se rapproche de la danse contemporaine et collabore avec des chorégraphes
comme documentariste et comme danseur. Cette expérience marque la réalisation d'une œuvre
où la danse tient une place importante. En 1997, il est reçu comme résident au Fresnoy,
Studio national des arts contemporains à Tourcoing.
Il est l'auteur de nombreux films (art vidéo, documentaire, fiction), de mises en scène
de spectacles, d'émissions de radio. Son travail s'articule aux croisements de ces
différentes disciplines.
En 2005, il est lauréat d'une bourse " Villa Médicis hors-les-murs " pour la réalisation
du film de long-métrage " Celui qui aime a raison ", sorti en salle en 2006.
Films récents : Pendant ce temps, dans une autre partie de la forêt et Le voyage en Italie [2007], Il faut aimer son prochain, les autres sont trop loin [2006], le documentaire radiophonique pour l'Atelier de création radiophonique de France Culture Les cow-boys & les indiens [2006], Le Paradis est où je suis [2005] court métrage vidéo, 2e prix du 1er Festival Pocket film de Paris, 2005, Plusieurs fois le tour de la terre en patins à roulettes [2005] documentaire radiophonique pour l'Atelier de création radiophonique de France Culture, On essaye [2005] documentaire sur le chorégraphe Christian Rizzo, Celui qui aime a raison [2005] fiction de long-métrage qui a bénéficié d'une sortie en salle en 2006. S'y mettre à l'infini [2004] court métrage, prix du Pavillon, Festival Côté Court de Pantin, 2005.
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