Actualisé le 16.02.2007
Carole Arcega
Réalisatrice / Documentaire, expérimental / France
Langues parlées : Français
Site internet : www.label-ombres.org | www.etna-cinema.net/arcega.php
"Eric Rondepierre : Exit" - Documentaire
Eric Rondepierre est connu pour ses étranges photographies, tirages grands formats de photogrammes de films, instants saisis où la matière flirte avec la fiction. Son travail se situe dans l'entre image, à la frontière de la photographie, du cinéma, de l'écriture, de la peinture… Le projet Eric Rondepierre, EXIT a pour ambition la mise en scène d'une œuvre énigmatique, et cherche à dépasser la simple investigation pour une rencontre créative avec l'artiste. Carole Arcega a invité Eric Rondepierre à partager sa résidence au Moulin d'Andé en 2006, pour que l'écriture prenne toute l'ampleur d'une véritable rencontre et que la forme du film entre véritablement en résonance avec l'œuvre de l'artiste.
Le documentaire prendra la forme d'un diptyque, à travers un film et un site internet. Les deux projets sont écrits et la matière première réunie est déjà conséquente (photos, carnets, témoignages, bandes sonores…). La réalisation n'attend plus qu'un financement.
Carole Arcega est cinéaste plasticienne. Sa démarche s'inscrit selon une vision expérimentale du cinéma. Obsédée par l'idée que la pellicule est une " petite peau " (pellis), elle cherche à créer un lien entre cette surface photo-sensible et le corps vivant, son propre corps. Elle travaille le geste et la trace au cours de performances pendant lesquelles elle intervient directement sur le film. L'implication du corps et l'importance du geste dans l'espace de la projection comme de celui de la pellicule ouvrent le film à d'autres périmètres que l'écran, repoussent les frontières du dispositif filmique. Le cinéma est un art vivant et un art plastique.
C'est à travers une approche plastique du documentaire, que Carole Arcega tente de mettre en image ses rencontres avec des artistes dont les oeuvres frôlent sa vision du cinéma. Un projet est actuellement en cours avec le photographe Eric Rondepierre.
Le travail de Carole Arcega s'attache aussi à développer une approche pédagogique du cinéma, à travers la mise en place d'ateliers pratiques et théoriques et de programmations. Elle a été présidente de l'association l'Etna, puis co-fondatrice de l'association Label Ombres, pour la promotion de la recherche et des expérimentations cinématographiques.
Un cycle en noir et blanc : fragments d'un monde en suspens, tension d'une absence profonde, un fil se tend à l'infini vers une conscience projetée.
Il s'agit d'un travail de recherche plastique autour de l'entre-image, de la fusion entre la figure de la photographie, le corps du film, le son, et plus largement, sur l'implication du corps dans l'œuvre. Comment une intervention en temps réel sur l'image et le son, peut-elle avoir un impact sur la réalité du monde ? Il s'agit d'un cinéma-performance qui se montre en tant que matériau, en procès. C'est un cinéma vivant et une nouvelle forme de documentaire.
Tout l'espace du ciel et de la mer dans un cadre qui cherche l'aube dans les yeux de l'horizon.
Deux yeux écranesques dans lesquels défilent la vision d'un paysage déserté, celui d'une Europe qui se craquelle et s'altère à la lumière, abîmée par l'intervention plastique à chaque fois réitérée, le réel est-il une brûlure ?
La "Macula", ou petite tâche jaune, est le point de la rétine le plus sensible à la lumière. Dans ce film, un corps photosensible se révèle, puis s'abîme à la lumière. La peau, émulsion sensible au monde, traverse différents états : elle est lumière pure, liquide, minérale, végétale...
Une suite de déserts urbains se raye et se craquelle à nouveau à chaque projection. une brèche de lumière s'ouvre et se ferme sur des traces mnésiques. L'altération du film se faisant en direct, la représentation de l'image est en procès perpétuel.
Sorte de documentaire intimiste, "Pigeon" est un journal filmé en super 8 sur 3 années. Le point de vue est celui de ma fenêtre, au pied de la Goutte d'Or, dans le 18ème arrondissement de Paris. L'incongru du réel défile inexorablement.
A la recherche d'un cinéma organique, un rapport intime se crée : celui d'un corps qui se meut et mute dans la peau du film. A travers l'exploration plastique de la photographie, le film, organe vital du cinéma, devient frontière sensible entre l'intérieur et l'extérieur d'un corps en gestation.
"Le Cristallin" est un film devant lequel on oublie la photographie du cinéma pour tomber dans sa matière pelliculaire, là où le film est un organe. Le fantasme d'un film comme une continuité physique du corps... Cela ressemble à une vision de l'intérieur d'un oeil. Eblouie, la pupille se rétracte, puis se dilate. La lumière, matière immédiate du film, est ce qui le fait exister.
"Asa" est un film qui tente une confrontation entre la danse d'un corps, le geste d'une prise de vue, celui du montage, ou encore entre la surface sensible de la pellicule et le grain d'une peau en lumière.
Cette performance croisée entre 2 écrans a été pensée pour être projetée sous les étoiles. Celles-ci ont été creusées dans l'émulsion bleue de la pellicule, à la rencontre d'une éclipse solaire...
L'albédo est la quantité de lumière reflétée par une surface, et particulièrement celle de la lune. Ce film est une variation plastique autour de l'image d'un masque à face lunaire. Les photographies filmées ont été retravaillées à même la pellicule super 8. L'altération des images cherche à éprouver les limites perceptives du spectateur comme celles du support.
Le projet Eric Rondepierre : Exit s'inscrit aujourd'hui dans une actualité propice à stimuler sa réalisation. Carole Arcega a pu présenter le projet au festival Les Ecrans Documentaires en novembre 2006. Eric Rondepierre est exposé au centre George Pompidou, dans le cadre de l'exposition Les peintres de la vie moderne, et sera le sujet d'une rétrospective à Bienne, Suisse, courant 2007. De nombreuses publications dont il est l'auteur suivront (la suite des Carnets, chez Léo Scheer, son autobiographie, puis une nouvelle fiction au Seuil). Une exposition qui réunirait des photographies de l'artiste et une mise en perspective du projet Eric Rondepierre, EXIT, est en question pour fin 2007.
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