Actualisé le 15.02.2008
Malek Bensmaïl
Réalisateur / Long métrage / Algérie
Langues parlées : Français, Anglais
"EL WARITHA - L'HERITIERE" - Long métrage fiction
Alger 1871, dans une église, un archevêque, Monseigneur Lavigerie accepte d'aller contre la loi civile française et marie religieusement une Chrétienne avec un musulman : Aurélie Picard, tout juste vingtdeux ans, devient l'épouse du chef de la puissante confrérie tidjania. Démarre une histoire d'amour faisant abstraction des tabous et des hostilités, et un combat de légitimité et de lutte de pouvoir. Plongée dans une situation inédite aux confins du désert, - entre colonie, confrérie, et conflits intimes -, Aurélie se bat, par-delà sa solitude, pour étendre son influence, va jusqu'à manipuler son époux, Sid Ahmed Tidjani. La marche implacable de cette machine infernale mène à la construction d'un palais à quelques kilomètres de la confrérie, symbole de son pouvoir, à la dispersion familiale, et à une tentative d'assassinat de Sid Ahmed par son frère. Mais la mort inattendue du cheikh vient changer le cours de l'histoire...
Malek Bensmaïl est né en 1966 à Constantine en Algérie. Très vite, il consacre sa filmographie au documentaire engagé sur son pays et développe une écriture spécifique sur la relation Orient /Occident et les rapports Nord / Sud. Malek Bensmaïl s.intéresse à la question de l'appartenance et de l'identité et aime confronter l'Algérie avec "son autre". Démocratie, modernité, quête, langage, société sont des thèmes de prédilection de ses films. Il signe notamment un saisissant documentaire Boudiaf, un espoir assassiné (1999) et une comédie documentaire Des vacances malgré tout (2000). Puis il aborde en 2001 son premier court métrage fiction, DêmoKratia. En 2002, il réalise un documentaire sur les bains publics dans le monde, Plaisirs d'eau, comme pour se purifier des drames de son pays ; puis il revient à une enquête documentaire en deux volets Algérie(s). Aliénations sort dans les salles en 2004. Son documentaire sur la dernière campagne présidentielle Le Grand Jeu (2005) est déprogrammé des TV françaises.
Dans la continuité de mon travail de documentariste, j'aborde ici et pour la première fois, par les moyens de la fiction, mon projet de film El Waritha (l'Héritière). Habité par une passion politique et un travail de mémoire sur mon pays, je propose ici une " fiction du réel ", tirée d'une histoire vraie, vécue par une chrétienne française à l'époque de la colonisation dans le Sud algérien. L'Héritière n'est pas un portrait historique d'une femme de fin de siècle. Ni même un portrait historique du conflit franco-algérien. Ce qui m'intéresse, c'est surtout le récit intime d'une femme d'Algérie à travers l'histoire d'une époque riche politiquement et culturellement. Aurélie est bien née dans un milieu modeste et a bien épousé un Cheikh, chef d'une confrérie en Algérie. Le conte de fée s'arrête-là. Entre colonie et confrérie, Aurélie à vécu en partie " seule ", affronté le monde politique et religieux, s'est imposé aussi dans une région du monde ou la femme a très peu de droits : Les coépouses, c'est elle qui obtient leur répudiation. Les impôts, c'est elle qui les lève. Elle régit les propriétés de son époux, gère la confrérie religieuse, une des plus importante de la région subsaharienne et construit son domaine. Dans un style proche de Thérèse d'Alain Cavalier pour l'aspect formel et Fitzcaraldo de Werner Herzog, pour la construction du récit, je souhaite tourner un film épuré de tout artifice. Les décors qui existent permettront d'intégrer au maximum un espace de vérité indéniable [...]. Le film sera articulé sur la luminosité des paysages : baigné de soleil, les nuits majestueusement étoilées, l'aube aux reflets éclatants [...] Dans ce jeu de miroir lumineux, les êtres en deviennent l'unique relief avec leurs passions, leurs haines et leurs bontés.
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