Actualisé le 18.02.2008
Pocas Tisserand
Réalisatrice / Long métrage / France - Angola
Langues parlées : Français, Anglais, Portugais
"DE L'AUTRE COTE DU TAGE" - Long métrage fiction
Lisbonne été 1980. Deux s.urs âgées de seize et dix-sept ans viennent d'arriver d'Angola pour fuir la guerre. Leur mère est bloquée au pays par le gouvernement. Livrées à elles-mêmes, Alda l'aînée et Maria vont devoir apprendre à survivre sans argent, dans une ville étrangère. Avec la complicité d'autres angolais, elles s'organisent une existence précaire dans une banlieue grise et polluée.L'hiver venu, leur mère ne donne plus de nouvelles et la faim est devenue leur préoccupation quotidienne. Souvent à la limite de la délinquance, Alda et Maria vont se construire, se différencier et faire l'apprentissage de leur vie de femme. Alors que les états de crise sont de plus en plus fréquents, elles apprennent la mort de leur mère. Cette nouvelle bouleversante leur donne la force de prendre en main leur destin. Alda part en France, Maria retourne en Angola à la recherche de ses racines.
Originaire d'Angola, où elle fut la première femme reporter de guerre pour la télévision, Pocas vit aujourd'hui à Paris. Après avoir suivi les cours du Conservatoire National du Cinéma Français, elle se consacre à la photographie et réalise des courts-métrages. En 2002, elle fait partie des artistes de la Cité internationale des arts et participe en 2007 à la Triennale d'art contemporain de Luanda. Entre temps, elle réalise Il y a toujours quelqu'un qui t'aime, documentaire de 56 mn, écrit en résidence à Lussas et primé par la Scam. Elle écrit actuellement son premier long-métrage.
Dans les années 1980, des centaines d'adolescents sont envoyés au Portugal pour fuir la guerre en Angola ou échapper au
service militaire. Avec ma soeur, j'ai fait partie de ces adolescents. Comme nous, Alda et Maria, les deux héroïnes du scénario,
traversent les galères avec une certaine naïveté et parviennent à rester solidaires, à garder le sourire malgré les épreuves.
Mon intention n'est pas de réaliser un film politique, ni un film didactique sur la guerre en Angola ou les conséquences de la
décolonisation portugaise dans ce pays. Toutes ces choses sont présentes, mais restent en filigrane, comme nous l'avons
d'ailleurs vécu à cette époque ma s.ur et moi : deux jeunes filles déracinées qui subissent les conséquences d'un conflit sans
vraiment le comprendre ni en analyser les tenants et les aboutissants.
Ce film traite plutôt de l'adolescence et de ses errances, de ces femmes en devenir qui vont devoir se construire dans des
conditions d'extrême précarité.
Il s'agit d'un long-métrage dramatique, sans complaisance pour le pathétique ou le larmoyant. L'insouciance qui porte en permanence
les deux héroïnes confère à cette histoire une relative légèreté qui contrebalance la dureté de leur situation.
Le temps du récit est dépendant du temps de la narration du film. C'est l'attente, l'angoisse et le doute des personnages qui
donnent le rythme et la dramaturgie au film.
Ce projet représente la seconde partie d'un travail sur mon passé angolais, commencé avec un documentaire dans lequel je
partais à la recherche de mon enfance dans l'Angola en guerre. En choisissant cette fois-ci la fiction pour traiter de l'adolescence,
je sors de la stricte intimité de mes souvenirs personnels, pour jouer sur une plus large palette d'émotions.
Merci d'envoyer votre message à l'adresse du Céci : ceci@moulinande.asso.fr, celui-ci sera transmis à l'auteur.