Centre des Ecritures Cinématographiques

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Le Moulin d'Andé-Céci

PORTRAITS SONORES

Sous la direction de Daniel Deshays
Au Palais Jacques Cœur de Bourges
28 Mars 2009 - Festival des scénaristes

« Pour chaque pièce sonore, il s'agissait - non d'un mode opératoire - mais de construire en l'inventant un dispositif qui permette le partage du sensible. Construire une trajectoire qui nous place à l'endroit du partage de l'écoute, c'est être en proximité des corps. LE SONORE EST A L'ENDROIT DU CŒUR.

Le son nous laisse échapper à la force patrimoniale du bâtiment, nous transporte au 21ème siècle.

Le sonore travaille toujours derrière au cinéma. Il ne va jamais à sa propre valorisation mais à la valorisation du film.

Travailler au format pour le montage et le mixage est nécessaire car l'interaction son/image est très fragile. Travailler au casque et sur une petite image empêche la spatialisation du son.

Choisir ses outils de travail en fonction de l'émotion qui doit être traduite (un dictaphone, c'est de l'intime,…). Chaque outil induit une matérialité.

Lorsque l'on part du son, on réinvente l'image. Les réalisateurs ne se rendent pas compte de ce dont ils se privent en ne s'intéressant pas au son. Le son travaille POUR l'image. Le son transfigure l'image. Les plasticiens vont jusqu'au son, c'est pour cela qu'ils atteignent une plasticité. Lorsqu'un film pense son, il advient quelque chose, une force.

Jusqu'à 4 mois, on entend mais on ne voit pas. Notre fondement de l'être au monde, c'est le son. Ensuite arrive le synchronisme. Dans le cerveau, on analyse d'abord la vision, puis l'ouie. L'ouie est une confirmation de la vue. C'est la compréhension du son qui nous fait l'abandonner. Lorsque nous écoutons, nous enclenchons du mouvement. Ecouter, c'est avoir le corps en prise avec les choses. L'écoute est par définition active. L'écoute c'est la protection de l'être vivant. (Cf. Alain BERTHOZ, Collège de France). L'écoute en occident n'est pas privilégiée, elle est plus importante dans d'autres cultures, il faut redécouvrir le son.

La voix-off, c'est de la parole, il faut l'envisager comme telle et pas comme un texte. Les Straub travaillaient au moins trois semaines à l'enregistrement d'une voix-off.

Les doublages des films ne mettent pas les corps disant en mouvement, c'est une aberration (si je me mets sur le dos, il se passe quelque chose avec ma voix).

Pas de distance possible avec le son, c'est du corps à corps. Autant il y a de la distance avec l'image, autant il n'y en a pas avec le son.

Aujourd'hui, on est dans la dictature du récit et lorsque la voix ne suffit pas, la musique prend le relais, souvent vers une redondance des récits. Notre époque a peur du silence, peur du creux. »



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